Repensons l’Etat : où en sommes-nous ?

Alain Beuret
Alain Beuret
Député

Le débat sur les effectifs et les salaires de l’administration cantonale est récurrent et met souvent la pression sur les employés de l’État. Cependant, une simple diminution des effectifs et des salaires ne résoudra pas les problèmes constatés. Certaines prestations peuvent peut-être être réalisées différemment, voire abandonnées, mais d’autres places de travail perdent en attractivité et peinent à trouver preneur. Pour attirer les jeunes et les inciter à s’installer dans le Jura, il est essentiel de proposer des postes attractifs au sein de l’État.

Depuis l’abrogation du statut de fonctionnaire, il y a plus de dix ans, presque rien n’a été entrepris dans le domaine des ressources humaines. Plutôt que de chercher des coupes budgétaires à court terme, nous pensons que l’État jurassien doit se doter d’une politique de ressources humaines ambitieuse et attractive. Cette dimension doit être examinée dans le cadre du projet « Repenser l’État », dont on entend parler depuis longtemps, mais dont les contours restent flous.

Une politique efficace et motivante de ressources humaines ne passe pas uniquement par le salaire. Un environnement de travail sain et stimulant, un management basé sur la confiance et la valorisation des compétences permettent aux employés de se sentir mieux et d’être plus productifs. Cela se traduit concrètement par un taux d’absentéisme et de maladies de longue durée plus bas.

Un grand défaut de notre administration cantonale est son fonctionnement en silo et sa lourdeur hiérarchique, qui font perdre du temps et de l’énergie. Plutôt que de raisonner en termes d’effectif global pour l’administration, il serait plus judicieux de donner de l’autonomie aux services, tout en respectant le cadre général fixé, notamment la grille salariale. L’organisation du travail en petites équipes flexibles encourage l’autonomie et l’innovation, permettant davantage de collaboration, de flexibilité et, globalement, plus d’efficacité.

En matière d’égalité, il existe également une importante marge de progression pour permettre aux employés de mieux concilier vie familiale et professionnelle. Les hommes sont encore trop peu nombreux à réduire leur temps de travail à l’arrivée d’un enfant, ce qui contribue à entretenir le schéma traditionnel du couple. Une offre de garde d’enfants sur le lieu de travail, la possibilité de télétravailler, l’égalité salariale entre femmes et hommes, et le recours au temps partiel et au partage de poste pour les hommes sont des mesures envisageables. L’État doit montrer l’exemple dans ce domaine.

Nous invitons le Gouvernement à répondre à plusieurs questions pour éclaircir la situation. Quel est le calendrier actuel du projet « Repenser l’État » ? Quelles sont les mesures envisagées en termes de ressources humaines et d’égalité ? Envisage-t-on davantage d’autonomie décisionnelle pour les services de l’État ? Quels sont les coûts engagés jusqu’à présent pour ce projet, et quel bilan tire le Gouvernement entre les coûts engendrés et les bénéfices obtenus ou attendus ?

Nous remercions le Gouvernement pour ses réponses et espérons que ces mesures permettront de moderniser et d’améliorer l’administration cantonale pour le bien de tous les Jurassiens.