OUI à l’initiative pour une alimentation sûre : se fixer un cap et agir maintenant

OUI à l’initiative pour une alimentation sûre : se fixer un cap et agir maintenant

L’objectif de 70 % d’auto-approvisionnement alimentaire net en dix ans est ambitieux et sera difficile à atteindre. Mais est-ce une raison suffisante pour renoncer à se fixer cet objectif ?

L’objectif de 70 % d’auto-approvisionnement alimentaire net en dix ans est ambitieux et sera difficile à atteindre. Mais est-ce une raison suffisante pour renoncer à se fixer cet objectif ?

Des travaux récents montrent qu’une augmentation importante de notre autonomie alimentaire est possible. Une étude publiée en 2025 dans Recherche Agronomique Suisse, avec la participation de chercheurs de l’ETH Zurich, estime que la Suisse pourrait atteindre 70 à 100 % d’autosuffisance selon les scénarios étudiés, notamment en réduisant le gaspillage, en produisant davantage pour l’alimentation humaine et en utilisant plus efficacement nos terres agricoles.

Cela ne signifie pas qu’il faut remettre en cause l’élevage. Dans une région comme le Jura, les prairies et pâturages sont essentiels et l’élevage permet de valoriser des surfaces qui ne peuvent pas être utilisées pour des cultures destinées directement à l’alimentation humaine. L’objectif doit être de produire ce qui est le plus pertinent là où c’est le plus pertinent.

Il faut également intégrer le coût du changement climatique : sécheresses, pression sur l’eau, dégradation des sols et perte de biodiversité auront des conséquences directes sur notre agriculture. Protéger nos ressources naturelles aujourd’hui, c’est préserver notre capacité à produire demain.

La question n’est donc pas seulement de savoir combien coûtera cette initiative, mais combien nous coûtera l’inaction.

Nous aurions préféré un contre-projet plus flexible, mais celui-ci n’a pas trouvé de majorité au Parlement. Le risque d’un NON est donc de repousser une nouvelle fois les décisions nécessaires pour de nombreuses années.

Peut-être n’atteindrons-nous pas 70 % dans dix ans. Mais cet objectif donne un cap clair et encourage l’innovation, la recherche, l’adaptation au changement climatique, la réduction du gaspillage et une meilleure valorisation de la production suisse.

Cette évolution doit évidemment se faire avec les agricultrices et agriculteurs, et non contre eux, en privilégiant des incitations efficaces plutôt qu’une accumulation de contraintes.

Pour ces raisons, le PVL jura recommande de voter OUI à l’initiative pour une alimentation sûre.

Mieux vaut se fixer un objectif ambitieux et faire un choix maintenant, plutôt que de repousser encore les décisions que nous finirons par subir demain.